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Comment Xavier Niel est devenu l’entrepreneur favori des français ? La consécration – Ep 02

Dans ce 2e épisode, Xavier Niel se lance dans la bataille du mobile avec un succès gigantesque et fait un véritable OPA sur l’écosystème économique et politique avec des projets iconiques: l’école 42 et Station F. Mais il ne s’arrête pas là.


Dans l’épisode 1 de la vie de Xavier Niel, on a pu voir que Xavier avec son entreprise Free s’est lancé avec succès dans l’aventure internet avec notamment la création de la Box.

Après un séjour en prison en 2004 et l’aventure du minitel rose des années 90, la vie de Free et de Niel vont basculer en 2012.

2012, c’est le mobile.

Dans ce 2e épisode, Xavier Niel se lance dans la bataille du mobile avec un succès gigantesque et fait un véritable OPA sur l’écosystème économique et politique avec des projets iconiques: l’école 42 et Station F.

Mais il ne s’arrête pas là.

Il rachète Le Monde et investit massivement dans les start-ups avec son fonds d’amorçage, Kima Ventures.

Table des matières

2012 Le lancement de Free mobile

La guerre des télécoms

2006-2010: Free se structure et la culture Free

Le Monde et les médias

Les investissements de Niel

L’École 42 et Station F

Le nouveau Xavier Niel, un membre de l’establishment

Que retenir de l’histoire de Xavier Niel ?

Notes

2012 Le lancement de Free mobile

10 janvier 2012

Il fait froid mais beau en ce matin de janvier 2012.

C’est aussi ce jour là que Niel lance la bataille du mobile avec le lancement de son offre révolutionnaire.

9h10. Xavier Niel entre sur la scène.

Il s’inspire des conférences à la Steve Jobs.

Il porte une Chemise blanche et jean noir.

Le ton est incisif, agressif même, on sent presque un Niel en colère.

“Les pigeons, c’est vous et vous le savez maintenant.”

“Vous avez été pris pour des vaches à lait”

“Tant que le revenu moyen par abonné de nos concurrents n’aura pas été divisé par deux, vous resterez des « pigeons”

Il surprend tout le monde même sa soeur ce jour là.

Niel n’est pas par nature agressif mais il l’est devenu pour mener cette bataille. Lui qui n’aime pas prendre la parole en public sort totalement de sa zone de confort.

À la fin de la conférence, il est ému et se met presque à pleurer.

Il a une bonne raison pour cela, sa mère est décédée quelques mois auparavant.

Sa mère à laquelle il était très attaché. Sa mère, son fidèle soutien.

Il n’empêche, ces déclarations font l’effet d’un séisme dans le milieu des télécoms.

Il propose un tarif de 19,99 euros, un prix unique pour des communications illimitées.

Free casse totalement les prix… ils sont 4 à 5 fois moins cher que les prix moyens des opérateurs à ce moment là.

Et le tout sans engagement !

L’offre la plus choquante, ce sont ces 2 euros pour 1h d’appel.

C’est une révolution pour les consommateurs et un enfer pour ses concurrents.

Cerise sur le gâteau: si vous êtes client de free box, c’est un forfait mobile gratuit.

C’est une offre culottée.

Et Le culot, Xavier Niel n’en manque pas… mais ce n’est pas seulement ça.

Il a des intuitions fulgurantes qui vont faire de lui une personne incontournable dans l’écosystème français.

Et cette bataille des télécoms va le prouver.

Tout commence donc en 2006.

La guerre des télécoms

Une guerre sans merci démarre entre Bouygues, Orange, SFR et évidemment free dès 2006.

Ou plutôt tous contre Free serait plus juste à ce moment là.

En France, il n’y a que 3 opérateurs mobiles et l’état français réfléchit depuis quelque temps à ouvrir le marché à un 4e opérateur.

Tout va s’accélérer avec l’amende record que les 3 opérateurs mobiles vont récolter pour entente sur les prix en décembre 2005.

Ils vont devoir payer 534 millions d’euros.

Malgré cette condamnation, tout semble au point mort pour une 4e licence.

Il faut dire que Sarkozy, président nouvellement élu en 2007 fait ralentir le processus… Sarkozy grand ami de Martin Bouygues, ennemi juré de Xavier Niel.

Sarkozy lâche même “je suis assez sceptique et réservé sur le choix d’un 4e opérateur de téléphonie mobile”.

L’arrivée d’un nouveau président à l’ARCEP, l’autorité de régulation des télécoms va enfin faire bouger les choses avec le soutien de François Fillon, alors 1er ministre.

L’ARCEP lance un appel d’offres fin 2007.

Cet appel d’offres est un échec car personne ne se positionne, le prix étant jugé trop élevé même pour Free (619 millions d’euros).

En coulisse, les pressions sur Niel et sur le gouvernement sont à son comble. Un 4e opérateur détruirait l’emploi et il faut pas que le Pornocrate, Niel, gagne !

C’est une campagne de diffamation qui est lancée et qui touche Niel directement.

Martin Bouygues, l’ennemi juré dit à propos de Free:

« je me suis acheté un château, ce n’est pas pour laisser les romanichels venir sur les pelouses».

Xavier Niel fera un camion publicité qu’il garera devant le siège de Bouygues avec cette citation; “Nous sommes des romanichels”.

Des menaces de mort sont proférées à l’encontre de Xavier Niel qui va jusqu’à déclarer:

« Si je venais à me suicider, ou si je devais mourir dans un accident de voiture dans les 3 prochains mois, vous saurez que ces menaces sont sérieuses, parce que je ne suis pas du tout suicidaire et que je conduis très prudemment ».

En 2009, L’ARCEP lance donc un 2e appel d’offres au prix de 240 millions d’euros et malgré des nombreux concurrents potentiels, c’est finalement Free qui l’emporte seul.

Le lancement de 2012 est un séisme dans le monde des télécoms.

Il faut le dire, malgré un lancement réussi avec des retombées presse gigantesques, le réseau de Free est très défaillant.

Pertes de connexions, trous de couverture, antennes défaillantes…

La seule obligation de Free ? Assurer 27% de couverture avec son réseau.

Heureusement le contrat d’itinérance avec Orange va sauver Free.

Orange complète la couverture de Free pour permettre à Free de couvrir le réseau avec une bonne qualité de son. Ce contrat est signé en 2011 sous la pression de l’ARCEP entre Stéphane Richard et Xavier Niel.

Cette dépendance, le quatrième opérateur la paie au prix fort : de 2012 à 2019, il verse entre 4 à 5 milliards d’euros à Orange.

Il n’empêche le 10 janviers 2012, 1,1 million d’internautes ont souscrit un contrat Free Mobile.

C’est hugeeee.

En 2013 ce sont 5 millions d’abonnés puis jusqu’à atteindre 13 millions en 2019.

Le pornocrate, le romanichel a gagné sa bataille.

Mais il a fait plus que gagner une bataille, il a entamé la construction d’un empire.

2006-2010: Free se structure et la culture Free

Avec le succès des offres de Free, le groupe grandit et se structure mais garde les valeurs du début.

Débrouillardise, radinerie et faire beaucoup avec peu.

Comme le dit Xavier Niel:

“L’innovation c’est un petit groupe de personne. Si toute l’entreprise s’y met, ça ne marche pas”

Pendant très longtemps, Xavier Niel vérifie personnellement toutes les factures supérieures à 1000 euros chez Iliad.

Free porte cette culture pirate dans son sang.

On improvise, on s’adapte. C’est avant tout une boite de geek et de techniciens où l’on est avare de compliments

Niel a aussi un vrai génie pour s’entourer en recrutant des personnes brillantes qui ne rentrent pas dans le moule.

Lors de l’intégration d’Alice, opérateur racheté en 2008, il y avait 35 personnes qui faisaient du marketing alors que chez Free, il y en avait Une seule.

Free, c’est aussi une culture de l’engagement forte, les salariés vivent pour l’entreprise.

Socialement, ses pratiques sont critiquables.

Niel créé une multitude de petites structures pour ne jamais dépasser le 50 salariés et ainsi éviter la création de comité d’entreprise et minimiser le nb de délégués du personnel.

Il va parfois privilégier les Prudhommes pour aller plus vite ou négocier des départs à l’arrache. Quand on part de chez Free, c’est souvent du jour au lendemain.

On pourra toujours méditer sur cette phrase de Niel à propos des jobs en centre d’appel suite à un reportage de cash investigation sur les pratiques managériales douteuses de Free.

Les salaries dans les centres d’appels, ce sont les ouvriers du XXIe siècle. C’est un métier horrible. Le job qu’ils font, c’est le pire des jobs.

2007 Niel perd d’ailleurs ses lieutenants des débuts de l’aventure comme Michael Boukobza, son DG (qui part en Israel faire son alya) et Olivier Rosenfeld, son directeur financier, qui a permis le lancement en bourse.

Il faut dire qu’en 2007, l’année est rude pour ces 2 lieutenants qui sont poursuivis en justice, au même titre que Niel, par 2 ex salariés et Fernand Develter, l’ancien associé de Niel sur le Minitel Rose.

Après la découverte d’un stratagème imaginé par Fernand Develter, son ex associé des sex shops et du minitel, les poursuites n’iront plus très loin et se solderont par un accord.

Mais ces poursuites vont laisser des traces avec ces départs.

Un nouvelle génération de lieutenants émerge avec Maxime Lombardini, le directeur général et Thomas Reynaud, le nouveau directeur financier.

Maxime avec son look d’éternel adolescent mais fin et rusé tout en étant diplomate fait merveille dans les négociations.

Thomas Reynaud, l’enthousiaste au visage carré et à l’allure sportive, maitrise bien les marchés financiers et est un excellent négociateur.

Puis 2008 marque une étape importante pour Free avec le rachat d’Alice

La guerre des FAI (Fournisseur d’accès à Internet) a fait beaucoup de morts mais Alice fait partie de ses gagnants avec une part de marché importante (800 000 abonnés en 2008) et le rachat d’Alice à Telecom Italia va propulser Free dans les tous premier FAI en France, en 2e place juste derrière Orange avec 4 millions d’abonnés et une part de marché estimée à 25,5 %.

Iliad vise aussi l’étranger avec des envies d’Etats-Unis et le rachat avorté de Deustche Telecom US. Puis c’est l’Italie avec un succès équivalent à celui de la France en 2019.

Xavier Niel quant à lui est déjà parti sur des projets qui vont changer sa stature et son influence en France, les médias et pas des moindres, Le Monde.

Sa recherche de reconnaissance est inépuisable.

Le Monde et les médias

La relation de Niel avec les médias est pourtant complexe.

Il fait d’ailleurs une déclaration qu’il va regretter pendant de nombreuses années :

“Quand les journalistes m’emmerdent, je prends une participation dans leur canard et ensuite ils me foutent la paix”

Dans tous les cas, comme il l’affirme, l’acquisition du Monde lui permet en un coup de fil d’appeler n’importe quel ministre et d’accroître son influence considérablement.

Avec Pigasse – Bergé, ils vont constituer le triop BNP pour acquérir les parts dans le journal Le Monde (Pierre Bergé = ancien président de Yves St Laurent et Mathieu Pigasse = banquier d’affaires).

Pourtant il n’était pas favori.

L’establisment lui préférait Claude Perdriel soutenu par Alain Minc (avec Sarkozy dans l’ombre).

Mais le trio BNP rallie les suffrages de la rédaction des journalistes.

Niel déclare alors : “Le projet, c’est vous. Nous, on veille aux indicateurs économiques”

C’est bien ce qu’il va faire.

Michael Boukobza qui se fait appeler Michael Golan après son alya en Israël, va optimiser la gestion du journal.

Renégocier le loyer, les impayés, les notes de frais. Tout y passe.

La vie ne sera pas un long fleuve tranquille au Monde pour le trio et en particulier pour Niel.

La mort du rédacteur en chef Erick Izraelewicz puis les recherches successives d’un nouveau redac chef sont compliquées.

Il va même avoir des problèmes avec Pigasse après que celui-ci ait vendu ses parts à un homme d’affaires tchèque.

Contrairement à ses paroles de départ, Niel défend vigoureusement l’indépendance des médias.

Mais les résultats financiers sont là. Le Monde gagne de l’argent !!!

Et il ne va pas s’arrêter là puisqu’il il rachète Le nouvel Obs en 2014 puis, en un an, entre juin 2019 et juin 2020, il fait les acquisitions successives des groupes Nice-Matin, France-Antilles et Paris Turf, tous en grave difficulté.

Niel par ces acquisitions prend une nouvelle stature et devient véritablement influent non plus seulement économiquement mais politiquement.

Il devient à plusieurs reprises l’hommes d’affaires préféré des Français et apparait aussi dans tous les classement des hommes les plus riches de France. Il est même nommé français le plus influent au monde en 2017 par Vanity fair.

Pourtant son dada, c’est l’investissement dans les start-ups.

Il va devenir la figure tutélaire de l’investissement en France et le papa de tous les startupers français.

Les investissements de Niel

Le principe fondateur d’investissement de Niel est simple: il aime être majoritaire dans ses business et déteste vendre ses entreprises.

 

2010 marque un tournant dans la carrière de business angel de Niel avec la création du fonds d’investissement, Kima Ventures.

Kima est un fond d’amorçage, un fond qui investit très tôt dans les projets.

C’est Jérémie Berrebi, lui aussi un serial entrepreneur qui le dirige et le créé et Niel qui le finance.

Ce fonds d’investissement a pour objectif d’investir, à travers le monde, dans 50 à 100 start-up par an pour un investissement moyen de 150.000 euros.

En mai 2019, Kima Ventures a investi dans 750 start-ups.

Fin 2010, le média américain Business Insider cite Kima Ventures comme étant le fonds de business angels le plus actif du monde par son nombre de participations.

Jérémie Berrebi va investir dans 2 start-ups par Semaine et son successeur à la tête du fond depuis 2015, Jean de la Rochebrochard a gardé le même rythme de fou.

C’est du Venture Capital au format industriel !

Jeremie Berrebi quitte Kima en 2014-2015, Jérémie n’ayant pas aimé que Xavier fasse des investissements en direct alors que lui ne pouvait pas… et notamment celui de Capitaine Train.

Les investissement de Niel ne s’arrêtent pas aux start-ups.

Dans les télécoms, il investit en direct seul.

Il achète avec sa holding personnel le 3e opérateur mobile suisse puis Monaco Telecom.

Niel, c’est aussi l’ami des entrepreneurs et investisseurs américains.

Il fait souvent le guide de Paris pour ses prestigieux amis et notamment la visite des catacombes, une de ces passions depuis qu’il a 20 ans.

Il parle dans cette vidéo de sa belle relation avec Bill Gates.

Ses investissements dans les start-ups américaines sont aussi très florissants…

Voici la liste non exhaustive de ses investissements:

  • Snapchat (il connait bien Evan Spiegel), Square (jack Dorsey), Uber, Airbnb, Slack (qui vient de se vendre pour 23 milliards à Salesforce), Nest…
  • Mais aussi dans de belles réussites françaises: il a investi dans Deezer, Devialet, Alan, Lucko ou encore Zenly…

Xavier a même investi dans un film de Kev Adams que ses enfants adorent mais aussi dans une mine de Bauxite, il a acheté l’ancien bateau de Bernard Tapie, le Phocéa, un cheval de course qui gagne beaucoup de courses.

Mais après les télécoms, son dada favori (excusez-moi pour le jeu de mot), c’est l’immobilier.

Les hotels, un centre commercial à Sarcelles, un Golf à chantilly… et en particulier les hôtels particuliers dans Paris.

2016, c’est l’hôtel Coulanges place des Vosges pour 31 millions d’euros qu’il achète et fait rénover. C’est un bâtiment classé Monuments historiques.

Ah j’oubliais en 2000, Xavier Niel pour 10 millions de dollars aurait pu avoir des actions de Google mais il a refusé, la négociation achoppant sur le prix !

MAIS Les investissements les plus symboliques que Niel va faire à partir de 2013 vont avoir un retentissement français et international:

  • l’école 42, la 1ère école de dev sans diplôme
  • Station F, le plus grand incubateur au monde.

L’école 42 puis Station F

2013 est un 1er tournant dans les projets visibles et symboliques de Niel avec la création de l’école 42.

Les écoles, Xavier a déjà attaqué le sujet puisqu’il s’est lancé avec ses grands amis, Marc Simoncini, le fondateur de Meetic et Jacques-Antoine Granjon, le fondateur de Vente privée dans la création de l’Ecole Européenne des métiers de l’internet (EEMI).

Mais il veut aller plus loin… il veut un système égalitaire où l’école est gratuite et ne délivre pas de diplômes. Il veut développer de nouveaux pirates.

C’est un projet qui lui tient à coeur.

Il veut former de nouveaux petit Niel.

Niel s’associe alors avec Sadirac rencontré dans les années 80, dans les sous-sol de l’espionnage français.

Nicolas Sadirac, a fondé la Web@cadémie, un cursus gratuit de deux ans destiné à former les jeunes de 18-25 ans au développement web. Niel en découvrant le concept décide de le pousser plus loin avec l’école 42.

La méthodologie développée par Sadirac est très ambitieuse puisque 42 s’appuie sur un système 100% peer-to-peer autrement dit sans professeurs, sans diplôme et sans curriculum.

Le 15 juillet 2013, 42 ouvre ses portes et c’est un succès incroyable avec 80 000 candidatures et 3000 étudiants qui passent le test de la piscine.

Le projet va encore plus loin puisque Niel rachète pour 12 millions d’euros le bâtiment en face de 42 pour le transformer en dortoir et héberger les étudiants pour moins de 200 euros par mois.

Xavier voit grand et la version américaine ouvre ses portes en novembre 2016 pour un investissement de plus de 80 millions d’euros.

L’école 42 est désormais dans 20 pays et Sadirac quitte le projet en 2018 après des soupçons de malversation.

Mais le grand projet, le vrai bébé de Niel, c’est Station F, l’incubateur géant de start-ups.

Le 23 octobre 2014, Xavier Niel annonce la création du plus grand incubateur de jeunes pousses au monde qui accompagnera plus de 1000 startups avec 4000 personnes, dans le treizième arrondissement parisien, au sein de la Halle Freyssinet.

Et c’est lui qui finance l’essentiel du projet en investissant 250 millions d’euros sur ses fonds.

Le 29 juin 2017 à Paris, il inaugure en présence du président Emmanuel Macron le campus « Station F »

C’est vraiment une forme de triomphe que l’aboutissement de ce projet.

Il est d’ailleurs applaudi à tout rompre lors de l’inauguration et puis porté en triomphe par Anne Hidalgo, la maire de Paris.

Cette longue série d’applaudissements le met mal à l’aise lorsque Roxanne Varza, la directrice du Campus le remercie à la 4,40 minute de la vidéo.

Mais au-delà de cette consécration, Xavier Niel est désormais un membre de l’establishment lui-même.

Tout a changé pour lui.

Le timide n’est plus. Il a pris une autre stature.

Mais laquelle ?

Le nouveau Xavier Niel, un membre de l’establishment

Défilés de mode, déjeuner avec Alain Minc et rencontres avec les personnes les plus en vues du gotha économique mondial et français.

Xavier Niel fait désormais partie du paysage français et mondial.

Il est même en couple depuis 2010 avec Delphine Arnault, la fille de Bernard Arnault, la 1ère fortune de France qui voit la relation d’un mauvais oeil dans un 1er temps avant de l’accepter pleinement.

Nicolas Sarkozy a même décidé de devenir chaleureux…Il n’écorche plus son nom… il l’appelait Niels et en intimité, il l’appelait aussi le Pornocrate.

Bref, Il a mené une vraie OPA sur tout l’écosystème français.

Media, start-ups, politiques, tout y passe.

Quel va être l’héritage de Xavier Niel ?

Il veut d’abord protéger ses enfants comme il l’a déclaré à plusieurs reprises Il craint de les abimer sous le poids d’une richesse transmise et non conquise.

John, Jules, et la petite dernière, Elisa, née en 2012 de sa relation avec Delphine Arnault.

“Quand on a une fortune importante, je pense, ça devient quasiment un bien public” déclarait-il sur le plateau du Grand Journal en 2015.

Il va donc développer une fondation et faire de la philanthropie comme son ami Bill Gates comme il le disait précédemment.

Au fond, ses vrais enfants, ce sont les star-ups, les jeunes de 42 ou tous ses salariés hackers.

Cet anti-système qui s’est quand même embourgeoisé comme il le reconnait lui-même cherche des nouveaux modèles pour ces jeunes.

 

Que retenir de l’histoire de Xavier Niel ?

Jeune, Xavier Niel était prêt à tout pour réussir.

Hacks, arnaques, il a souvent franchi la ligne jaune comme le lui fera remarquer le juge Renaud Van Ruymbeke lors de sa détention en 2004.

Mais Il va finir par s’assagir notamment après son passage par la case prison.

Pourtant, sa motivation, elle, ne s’est jamais assagie.

C’est le mépris des élites pour son parcours (le pornocrate Niel) qui nourrissent son feu de l’ambition.

Xavier, c’est le gars normal, le gars simple et c’est ce qui me frappe le plus après avoir regardé des dizaines d’ITWs.

Mais un gars normal avec une capacité d’apprendre incroyable. Il comprend, apprend vite.

Il applique aussi tout le temps ce qu’il a appris jeune: on se démerde avec ce qu’on a tout en faisant le moins cher possible.

Et surtout on fait tout soi-même.

En cela, il ressemble plus à Jeff Bezos qu’à Steve Jobs.

Il est aussi très curieux et a une soif de reconnaissance qui parait immense… Il ne s’arrête jamais.

J’ai senti dans ses dernières ITWs qu’il est à la recherche de ses successeurs, de ceux qui vont disrupter la France.

Il a accompli son destin et apparait plus calme.

Mais en-a-t-il terminé pour autant ?

Notes

Xavier Niel, La voie du Pirate – Solveig GODELUCK (Auteur), Emmanuel PAQUETTE (Auteur) aux éditions First

Xavier Niel

Les secrets immobiliers du milliardaire Xavier Niel

A Billionaire Who Breaks the Mold (Published 2013)

Quand Xavier Niel chambrait Martin Bouygues

Xavier Niel, une réussite insolente – Junto

Le X, versant obscur du patron de Free

Xavier Niel | Wikiwand

Lunch with the FT: Xavier Niel

Xavier Niel menacé de mort suite à la candidature de Free à la 4ème licence 3G ?

Les secrets bien gardés de Xavier Niel

La grand-messe de Free pour son mobile

Rani Assaf, l’associé fantôme de Xavier Niel

L’histoire de Xavier Niel, fondateur de Free

Iliad

Station F

Enquête sur le système Free

D’après Le Monde, Xavier Niel, propriétaire du Monde, est un ” aventurier exceptionnel “

15 ans de Free… en 15 dates

Table des matières

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