Jack Ma : la création d’Alibaba – Ep 1 

Jack Ma, professeur d’anglais a inspiré des milliers d’entrepreneurs en Chine par son succès avec Alibaba. Découvrez l’histoire du démarrage de cette fabuleuse aventure.


Chine – Hangzhou, Capitale de la province chinoise du Zhejiang – 1er juillet 1980

Keva

“Allez, je te ridiculise encore.” 

David Morley

“À ce jeu-là, t’es imbattable Keva, je m’incline.” 

Jack Ma

“Excusez-moi… Je m’appelle Jack, j’aimerais juste savoir… c’est à quoi que vous jouez ?”

David Morley

“Enchanté Jack, moi c’est David et ça, c’est mon ami Keva ! Le but c’est de gratter des allumettes et de les regarder descendre dans la nuit.” 

Keva

“Je viens d’apprendre ce jeu à David, il adore mais il est très mauvais ! Mais c’est beau ces faibles lueurs d’allumettes au-dessus du lac…”

Jack Ma

“C’est vrai c’est très beau. Ici en Chine, on adore les feux d’artifices.” 

David Morley

“Tu viens de Chine ? Ton anglais est impeccable !” 

Jack

“Je dois encore m’améliorer… Plus je discute, plus je progresse !”

David Morley

“Mais ton prénom est américain non.. ?” 

Jack Ma 

“Une dame américaine m’a donné ce prénom car c’était celui de son père et de son fils. En vrai, je m’appelle Yun, nuage en chinois.

Vous voulez faire un tour sur le lac ? Je vous emmène gratuitement !”

La discussion se poursuit entre les deux australiens et le jeune chinois de quinze ans. Jack est avide d’apprendre, il donne l’impression de boire les paroles de ses nouveaux amis. La soirée se poursuit en débats et autres allumettes enflammées. 

Deux jours plus tard, Jack retrouve David et sa sœur pour une nouvelle soirée de détente qui va lier leur amitié à jamais. Le futur fondateur d’Alibaba vient de rencontrer un ami mais aussi une nouvelle famille. Une famille australienne dont le père, Ken, va devenir un second père pour le jeune chinois.  

Jack sait déjà qu’avec lui, il améliorera son anglais, mais il ignore encore qu’il va conquérir la Chine des quarante prochaines années. 

Aujourd’hui, je vous emmène sur les traces de Jack Ma, l’entrepreneur chinois qui a inspiré la nouvelle Chine, celle des entrepreneurs. Dans ce premier épisode, je vous raconte les premiers pas de Jack et la création de Alibaba. 

Table des matières

Quand le chinois s’éveillera…

À la découverte de l’entrepreneuriat

China Pages : apprendre internet, apprendre le business

La naissance d’Alibaba

Épilogue – La rencontre avec Son et les problèmes qui arrivent

Jack Ma : la création d’Alibaba

Quand le chinois s’éveillera…

Jack Ma voit le jour le 10 septembre 1964 à Hangzhou, ancienne capitale de la Chine sous la dynastie des Song du sud. Située à moins de 200 kilomètres de Shanghai, la ville abrite le lac de l’Ouest connu dans tout le pays.

Son père et sa mère sont des chinois modestes qui ont subi les ravages de la révolution culturelle. Ils sont tous les deux passionnés par le Pingtan, un art traditionnel du chant et de la comédie combattue par les gardes rouges.  C’est peut-être de là que Jack tient son amour pour la communication et le show.  

En 1978, il s’appelle Yun Ma alors que Deng Xiaoping lance sa politique de la « porte ouverte », pour attirer des investisseurs étrangers et des touristes dans une Chine exsangue. Le tourisme à Hangzhou explose alors. 

Il passe de moins de 1000 visiteurs à 40 000 l’année suivante. Le jeune adolescent a hâte de rencontrer ses touristes qui parlent la langue de Mark Twain. En effet, depuis qu’il est tout petit, il se régale des aventures du célèbre Tom Sawyer qu’il écoute à la radio.

Alors chaque matin, Yun enfourche son vélo pour se rendre devant l’hôtel où descendent les étrangers. Très vite, il adopte le surnom que lui donne une américaine, Jack. 

Quelques années plus tard, il rencontre la famille Morley qui va changer sa vie. 

Si Jack sympathise avec son fils, c’est avec le père, Ken, un ingénieur retraité que l’essentiel de la relation se noue. En cet homme ouvert sur le monde, Jack voit un second père qui corrige son anglais et lui apporte tout son soutien. 

Et du soutien, il en a besoin car si son anglais s’améliore, on ne peut pas en dire autant des maths… À cause d’eux, il échoue deux fois au gaokao, l’équivalent du bac en France. Jamais deux sans trois, il finit par réussir à la troisième et intègre in extremis le Hangzhou Teachers College.

Très vite, Jack affirme son tempérament et devient président de l’Union des étudiants de l’université. En parallèle sa relation avec les Morley se renforce et il est invité en Australie un mois complet. 

David Morley

 “Jack… ? Qu’est-ce que tu fais seul sur la véranda ? Tu m’as l’air morose, ça ne va pas ?” 

Jack Ma

“Non non, ne t’inquiète pas je ne suis pas triste ! Juste, je réfléchis.”

David Morley

“J’espère que ce n’est pas l’Australie qui te rend si mélancolique.. !”  

Jack Ma

“Avant de venir ici, j’étais persuadé que la Chine était le pays le plus riche du monde. En regardant ce qui se passe là, je vois bien que je me suis trompé.” 

David Morley

“Quand on a jamais bougé de son endroit, il est courant de croire qu’il est le plus beau, le plus prospère et le meilleur du monde. Peu importe qu’il le soit ou pas, ce qui compte, c’est que tu continues de le voir comme tel grâce à l’amour que tu lui portes.”

Jack Ma

“Bien sûr, j’aimerai toujours mon pays, mais c’est bien la preuve que pour se faire une idée réelle des choses, il faut utiliser sa propre liberté de penser … et sa liberté de mouvement aussi.” 

C’est avec ce nouvel état d’esprit qu’il regagne la Chine et ses difficultés un mois plus tard. Pourtant, même à distance les Morley sont là. Ils le soutiennent financièrement pendant ses études. 

À l’université, il rencontre Cathy, celle qui va devenir sa femme ; encore une fois les Morley sont présents et offrent 20 000 dollars au jeune couple en guise de cadeau de mariage. Grâce à ce don, Jack et Cathy peuvent acheter un appartement. 

Jack devient un professeur d’anglais. 

Côté politique, la situation de la Chine reste complexe et stricte. Les réformes initiées par Deng Xiaoping dans les années 80 peinent à s’instaurer. La mainmise du parti communiste est partout. 

En 1992, l’ancien président chinois prononce une phrase qui va tout changer pour Jack : “S’enrichir est glorieux”.

C’est une révélation pour lui parce que ces mots font écho à sa vie en Australie. 

Oui, il va s’enrichir et aider les autres à s’enrichir. 

C’est ainsi qu’en 1994, Jack crée la Hangzhou Haibo Translation Agency, plus communément connue sous le nom de Hope, espoir en anglais.

Jack Ma : la création d’Alibaba

À la découverte de l’entrepreneuriat

Il en faut de l’espoir dans les années 90 pour entreprendre. La terreur de la révolution culturelle a laissé des cicatrices profondes.  

La société créée par Jack propose des services de traduction et veut aider les entreprises chinoises à nouer des contacts avec l’étranger.

Jack embauche alors des étudiants et des professeurs d’anglais à la retraite qui peinent à boucler leur fin de mois. Dès le premier mois, Jack découvre que si s’enrichir est glorieux, c’est aussi difficile…

Le propriétaire

“Monsieur Ma ! Je sais que vous êtes là, je vois la lumière sous la porte.

Hier c’était le jour du loyer et je n’ai toujours rien reçu ! C’est pas le premier retard et ça commence à bien faire !”

Jack Ma

“Oui, oui, je comprends bien Monsieur, mais je n’ai fait que 20 dollars ce mois-ci..”

Le propriétaire

“Et c’est mon problème parce que ?? Je me fiche de la manière dont vous faites ou pas de l’argent, ce que je vois moi, c’est que vous me devez 300 dollars de loyer !” 

Jack Ma

“Je fais de mon mieux. Je vous jure que la situation sera régularisée dans quelques jours. Maintenant, ça vous dérange pas de me laisser travailler ?” 

La traduction de Hope est Haibo, littéralement “vaste comme la mer”. À ce moment là ce sont les problèmes d’argent qui semble à Jack “vaste comme la mer”. 

Heureusement, il tient le coup grâce à son emploi de professeur d’anglais. 

Il réalise alors que son projet initial se trouve sur une niche qui n’est pas rentable. Pour survivre, Haibo se met au commerce et Jack se retrouve à vendre des parapluies dans les rue de Hangzhou.

L’entreprise s’en sort péniblement jusqu’à ce jour où le gouvernement du comté de Toglou, limitrophe de Hangzhou, sollicite Jack pour régler un différend commercial avec une société américaine. Ce voyage aux États-Unis va faire décoller sa carrière. Mais pas de la manière dont il l’envisage. 

La rencontre avec son interlocuteur américain sur place se révèle une aventure aussi improbable que de toucher le jackpot sur sa première machine à sou. 

Arrivé à Malibu, Jack découvre que l’américain qu’il doit rencontrer est un escroc. Il n’a pas le temps de le dénoncer qu’il est kidnappé et menacé par son ravisseur avant d’être emmené de force à Las Vegas. Il se retrouve enfermé dans une chambre d’hôtel, au dernier étage d’un casino. Jack réussit à s’enfuir. En manque de liquidités, il gagne 600 dollars au casino ce qui lui permet de gagner Seattle. 

Toutes les péripéties de ce voyage sont difficilement vérifiables. Mais le plus important pour Jack est la rencontre qu’il fait à Seattle avec Stuart Trusty.

Stuart

“Tu vois ça Jack, c’est Internet. Tu peux y trouver tout ce que tu cherches !” 

Jack Ma

“Essayons avec… euh…bière ?  Bière américaine, bière allemande.. mais il n’y a rien sur la bière en Chine dans ton internet ?” 

Stuart

“Vas-y mets juste “Chine” dans le moteur de recherche, là …”

Jack Ma

“Aucun résultat, c’est quand même curieux… 

Hé Stuart ? Tu ne m’aiderais pas à monter une page internet pour mon agence de traduction ?”

Nous sommes en 1994 et Stuart Trusty a déjà monté sa société de conseil internet. Jack et lui s’entendent bien. Il lui a notamment transmis sa passion du Taïchi. Les deux hommes se mettent au travail et quelques jours plus tard la page est créée. 

Quelques heures après, Stuart est heureux d’annoncer à son ami qu’il a déjà reçu cinq mails. Il faut bien avoir conscience qu’à ce moment-là Jack ignore ce qu’est un email. 

De retour en Chine, Jack est décidé à monter le premier annuaire internet chinois. Armé d’un ordinateur dernier cri doté du processeur Intel 486, il est bien décidé à réussir avec ce nouveau projet ! 

C’est le moment de lancer China pages ! 

Jack Ma : la création d’Alibaba

China Pages : apprendre internet, apprendre le business

Juillet 1995 : Jack est fier. Il voit apparaître la page de son premier site internet “ China Business Pages : The Online China Business Directory”. Le premier annuaire commercial de l’internet chinois. 

Stuart lui a envoyé la page par courrier car en 1995, il n’y a pas encore de connexion internet à Hangzhou. Stuart publie ses sites depuis les États-Unis et lui renvoie les pages imprimées une fois le site en ligne. 

De son côté Jack traduit du chinois en anglais la documentation de ses premiers clients avant de la faire transformer en sites internet par Stuart.  À ce moment-là, Jack quitte l’enseignement, se lançant pleinement dans l’entrepreneuriat. 

Jack s’associe avec He Yibing, un professeur d’informatique à qui il a appris l’anglais. Les deux hommes se font imprimer des cartes de visite avec des rôles différents qu’ils présentent en fonction de leur interlocuteur. Avec Jack Ma le théâtre n’est jamais très loin. 

Reste qu’il est difficile de convaincre ses clients dans une ville où internet n’est pas arrivée même si les premiers signent sont encourageant..

John Smith

“Bonjour, je suis bien au téléphone avec la QuianJanq Lawfirms ?”

He

“Oui, je travaille pour ce cabinet d’avocat ? Qui êtes-vous ?” 

John Smith

“John Smith de Smith et associé à l’appareil, nous voulons travailler avec la Chine et nous cherchons un partenaire chinois, je vous ai trouvé sur internet !”

En raccrochant, l’ancien étudiant de Jack Ma est intrigué. Voilà déjà le troisième appel de la matinée. Peut-être que Jack Ma a raison et que cet internet est l’avenir ? 

Il faut attendre la fin de l’année pour que Hangzhou soit enfin relié à internet. Mais la faiblesse du nombre de connexions rend le modèle économique peu viable pour China Pages. Et même si fin 1995 il rompt son contrat avec Stuart pour installer son propre serveur internet, sa société perd plus d’argent qu’elle n’en gagne.

Alors bien sûr, la création du site internet de la province du Zhejiang lui apporte de nouveaux clients. Reste que China Pages peine à gagner sa vie. Alors quand la Hangzhou Dife communication, la société avec qui il a réalisé le site de la province du Zhejiang lui propose de la racheter, il est soulagé. 

Pourtant il ne tarde pas à comprendre que c’est un marché de dupe. Non seulement Hangzhou Dife communication lui fait un bébé dans le dos mais en plus Jack Ma se retrouve minoritaire en conseil d’administration.

Président du conseil d’administration

“Messieurs, je vous remercie de votre présence. Je vous rappelle que nous sommes là pour voter la répartition du budget tel que voulu par monsieur Ma. Monsieur Ma, je vous laisse nous expliquer la situation.”  

Jack Ma

“Cette répartition du budget permet de mettre l’argent sur la communication et va aider China Pages à se développer et ..”

Président du conseil d’administration

“Merci monsieur Ma. Messieurs, je vous propose de passer au vote ? Qui est contre ? Qui est pour ?” 

Administrateur 1

Pour

Administrateur 2

Contre

Administrateur 3 

Contre

Administrateur 4

Contre

Président du conseil d’administration,  

“Merci Messieurs. La proposition de Monsieur Ma est rejetée à 5 voix contre 7.”

Au fur et à mesure des conseils d’administration, Jack prend conscience de la difficulté de s’associer avec une entreprise d’État, qui plus est quand elle est majoritaire. 

En 1997, il donne sa démission, écoeuré par le refus systématique de ses propositions.  Il décide de travailler à Pékin et cette fois, fini l’entreprenariat, il va travailler pour le gouvernement chinois.

Jack Ma : la création d’Alibaba

La naissance d’Alibaba

À Pékin, Jack se retrouve bombardé à la tête d’Infoshare Technology. Une émanation du CIEEC (Centre International Chinois du Commerce Électronique, lui-même simple unité dépendant du MOFTEC (Ministère du Commerce extérieur et de la Coopération Économique)

En clair, il se retrouve au cœur de la bureaucratie chinoise. Seul avantage de son poste, il lui fait rencontrer à la fin des années 90, Jerry Yang, entrepreneur chinois exilé et .. co-fondateur de Yahoo.

Durant un an et demi, il voit internet décoller en Chine et les premiers business se construire avec succès. Jack comprend qu’internet n’attend pas. En 1999, il lance son entreprise d’e-commerce B to B : Alibaba.

Pourquoi ce féru de littérature chinoise choisit-il un nom tiré d’un conte arabe ?

 À cette question, il répond invariablement qu’à l’évocation du nom les gens répondent “Sésame ouvre toi”. Avec Alibaba, il veut ouvrir la Chine sur le monde et il est bien décidé à emmener tous ses collaborateurs avec lui !

Il fait froid ce 21 février 1999 dans l’appartement de Lakeside Garden qui sert de bureau à Alibaba. Il n’y a pas de place pour que tout le monde se tienne assis et les employés debout forment un cercle autour de leur patron, Jack Ma.

Jack Ma

“Et si je vous demande ce que sera devenu Alibaba dans 5 ans ou 10 ans ? Que me répondrez-vous ? Je vais vous dire quelle est la bonne réponse. Elle n’est pas à chercher en Chine mais dans la Silicon Valley ! Notre devoir est de positionner Alibaba comme une entreprise internationale ! Nous nous devons de créer notre propre épée aux six veines : les clients en premier, le travail en équipe, l’amour du changement, l’intégrité, la passion, l’engagement. “

La même année, Jack va rencontrer une autre source d’inspiration et son meilleur collaborateur. Il a besoin de se développer et Joe Tsai tombe à pic. Diplômé des meilleures écoles, avocat d’affaires, investisseur, il est l’exact opposé de Jack Ma. Joe va pourtant décider de travailler avec Jack. Pourquoi ? Sans doute grâce au culte des ancêtres. Lakeside Garden lui rappelle l’appartement de sa grand-mère et le mandarin de Jack sonne dans ses oreilles comme le souvenir de la voix de son grand-père. 

C’est lui qui emmène Jack faire le tour des investisseurs dans la Silicon Valley. Un voyage qui finit en fiasco. La personnalité brouillonne et enthousiaste de Jack ne passe pas.

C’est un échec de plus et le retour en Chine se fait les mains vides. Pourtant la donne vient de changer. Le 13 juillet 1999, un parfait inconnu du monde des affaires introduit en bourse une société du nom de China.com. Cette introduction donne le signal de la ruée vers l’or. Les investisseurs regardent désormais vers la Chine. 

Hangzhou, Lakeside Garden, septembre 1999

Shirley Lin retient sa respiration quand elle rentre dans l’appartement de Lakeside Garden. La chaleur, l’humidité de cette fin d’été charrie son lot de mauvaises odeurs. 

Chargée d’affaires pour Goldman Sachs, elle cherche à investir en Chine. La banque a déjà des tickets dans chez Sina, Netease ou Sohu mais ce que cherche Shirley c’est la pépite de demain.

Jack Ma

“Bienvenue Madame Lin, je suis très honoré que vous ayez fait le déplacement dans notre belle province. Peu d’investisseurs s’aventurent en dehors de la capitale..”

Shirley Lin

“Merci Monsieur Ma de votre accueil, j’avoue que je préfère rencontrer les entrepreneurs que de consulter leur business plan sur Powerpoint.”

Jack Ma

“Ça tombe bien car en plus, nous n’en avons pas ! Il m’arrive de manquer à mes devoirs…  

Voici Cathy, ma première salariée et surtout .. ma femme.”  

Ce qui frappe Shirley à ce moment-là, c’est l’attitude tranquille de son hôte. Pendant deux heures, Jack lui partage sa vision d’Alibaba tout en lui servant le thé. Il lui détaille le rôle essentiel de l’équipe et son engagement pour l’entreprise. Le modèle d’Alibaba n’a rien de nouveau pour Shirley mais l’enthousiasme de Jack est palpable. Ça, couplé au fait qu’il existe un plan d’actionnariat pour les employés, une première en Chine à cette époque. 

Jack et elle tombent d’accord. Goldman Sachs va investir avec d’autres à hauteur de 5 millions de dollars. Elle apporte avec elle un nom de prestige et  assure qu’elle s’investira personnellement dans la réussite d’Alibaba.

À ce moment-là, la société de Jack Ma compte quarante mille utilisateurs. Un chiffre qui n’arrête pas de grossir. Quelques mois plus tard, Alibaba déménage dans des locaux de 1800 mètres carrés. La croissance coûte d’autant plus d’argent qu’Alibaba est gratuit pour les acheteurs comme pour les vendeurs.

 Il est temps que Shirley présente Son Masayoshi à Jack, l’homme le plus riche du Japon. 

Jack Ma : la création d’Alibaba

Épilogue – La rencontre avec Son et les problèmes qui arrivent

Terminer cet épisode sur un air de musique Pingtan est tout sauf innocent. Quoi de plus symboliquement fort pour parler de la rencontre de Jack Ma et Son Masayoshi ?

Les deux entrepreneurs sont à leur manière des hommes de spectacle. Le fondateur de Softbank est aussi excentrique qu’il est riche et intuitif. 

Pékin, Fuhua Mansion octobre 1999

Son Masayoshi

“Merci Monsieur Ma, Merci ! On va s’arrêter là ! Prenez mon argent, prenez mon argent !”

Jack Ma

“Mais monsieur Masayoshi je n’ai pas terminé, Alibaba compte aujourd’hui, 150 000 utilisateurs et..”

Son Masayoshi

“Je me fous des chiffres, vous et moi le savons très bien, les chiffres ne comptent pas. Parlons de votre vision, la vision est la valeur ! La vision est la valeur ! Je le sais et vous le savez !”

Cette rencontre agit comme une révélation pour Jack Ma, il vient de trouver son âme sœur et accessoirement un investisseur à hauteur de 20 millions de dollars. 

Avec un tel allié, l’avenir d’Alibaba s’annonce radieux. Sa société est désormais valorisée à plus de 60 millions de dollars.

Pourtant, enfermé dans leur building, les deux hommes ne voient pas le ciel se couvrir. 

La bulle internet est sur le point d’exploser.

Et ça c’est une autre histoire.

Pour un prochain épisode.

Pour lire/écouter l’épisode 2 => Jack Ma : du succès à la chute – Ep 2

Jack Ma : la création d’Alibaba

Notes

Alibaba – L’incroyable histoire de Jack Ma, le milliardaire chinois – Clark Duncan – Editions LES PEREGRINES

Wikipedia – Jack Ma

https://www.notboring.co/p/baba-black-sheep?token=eyJ1c2VyX2lkIjoxMDM2MTg4NiwicG9zdF9pZCI6MzEyMDUxNjAsIl8iOiJnZmhBWSIsImlhdCI6MTYxMDQwMDk3NCwiZXhwIjoxNjEwNDA0NTc0LCJpc3MiOiJwdWItMTAwMjUiLCJzdWIiOiJwb3N0LXJlYWN0aW9uIn0.52vzQbAI65hsCOsbE5XjhLasvV5T1BJF26lw17T_XWI&s=r

Table des matières

Vous voulez avoir le prochain épisode en 1er et les coulisses ?