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Hors-série – L’Escale : bilan de compétences et course contre la montre

Aujourd’hui, dans ce hors-série, je vous emmène sur les pas de l’entreprise que j’ai créée en 2019 avec Gaëlle, l’Escale, une entreprise qui fait du bilan de compétences à distance. D’une mauvaise idée à une idée avec du potentiel…


30 septembre 2019 – 0h53 – Marseille

Avec Gaëlle, ma femme, on a enfin terminé le site et nos formations après 2 mois de travail et on peut enfin lancer l’Escale, la société qui aide les personnes à trouver un boulot.

Les traits sont tirés.

On est même très fatigués.

C’est un dimanche.

On a couché les enfants, Clémence et Baptiste, un peu plus tôt ce soir là.

Et du coup, de 20h30 à Minuit 53, on prépare le lancement de cette aventure.

Les formations en ligne sont au nombre de 5: Utiliser LinkedIn, faire un CV, se préparer en entretien, Faire du réseau et Trouver un job de rêve.

Gaëlle appuie sur le bouton “publier” de notre backoffice.

Ça y est ! C’est fait !

Elles sont enfin en ligne, ces formations, et prêtes à être vendues ce dimanche 30 septembre.

Le problème est que je fais ce projet à côté de ma propre boite et du coup, c’est quasiment 2 soirs par semaine en 2019 et quelques WE que je passe dessus.

Gäelle, quant à elle, travaille sur ce projet depuis novembre 2018.

Mais les choses ne se passeront pas exactement comme prévues. D’ailleurs pas grand chose ne se passera comme prévu.

Aujourd’hui, dans ce hors-série, je vous emmène sur les pas de l’entreprise que j’ai créée en 2019 avec Gaëlle, l’Escale, une entreprise qui fait du bilan de compétences à distance. D’une mauvaise idée à une idée avec du potentiel… c’est une histoire de course contre la montre.

 

Table des matières

La création de l’Escale

La grosse découverte: les gens ne savent pas ce qu’ils veulent faire

L’arrivée de Colombe Paland

Trouver un modèle et pouvoir en vivre

Qualiopi, Bagels et magasin de décoration

Epilogue: une escale en plein décollage

La création de l’Escale

Août 2018, Marseille.

Gaëlle Brouat quitte son boulot de Consultante en recrutement dans le cabinet, Badenoch & Clark.

Cela faisait déjà quelque temps qu’elle se posait des questions et qu’elle ne trouvait plus de sens dans son job.

Elle déteste en particulier la partie commerciale de son job et adore la partie candidats.

C’est finalement une opportunité qui la pousse à faire le grand saut.

Elle accepte un poste dans une start-up dans la santé sur Aix en provence.

Septembre 2018, elle commence alors son nouveau boulot dans cette start-up.

Mais en quelques semaines, elle déchante vite.

L’ambiance dans l’entreprise n’est pas bonne et l’heure de trajet aller et retour qu’elle fait tous les jours est pénible.

Elle voit encore moins les enfants qu’avant.

C’est moi qui vais chercher les enfants plus qu’elle.

Elle commence à avoir des douleurs au ventre puis dans le dos.

Fin octobre 2018, elle met fin à cette expérience.

Mais que faire ?

Elle rentre dans une phase intense d’introspection… puis en décembre 2018, elle participe à un séminaire animé par un des nouveau gourou du Web, Alexandre Roth.

Ce séminaire est censé booster les entrepreneurs et les conférences inspirantes s’enchainent.

Pour elle, c’est le déclic.

Pendant tout un WE, elle se dit qu’elle doit et va monter sa boite.

Elle en ressort galvanisée et pleine d’énergie.

Elle commence alors à écrire des articles pour raconter son histoire.

Et, après avoir fait un mini sondage sur LinkedIn, elle essaie de comprendre ce qui pousse les gens à changer de jobs.

Le résultat ?

Beaucoup de personnes ne savent même pas ce qu’elles veulent faire.

En février 2019, elle trouve le nom l’Escale après un brainstorming avec des amies.

Désormais son projet est plus clair: faire des formations en-ligne pour aider les personnes à trouver un job.

C’est donc sur cette base là et avec mon aide toute une semaine en mai 2019, que l’on monte 5 programmes de formation…

Mais cela ne se vend pas bien.

Le seul programme qui semble se vendre, c’est trouve ton job de rêve… le reste, non.

Gaëlle n’a alors plus qu’un an de chômage.

Le chronomètre a démarré…

Et les choses ne vont pas s’arranger.

La grosse découverte: les gens ne savent pas ce qu’ils veulent faire

Janvier 2020, nous créons officiellement l’Escale.

En tout et pour tout, nous avons facturé depuis septembre 2019, 2850 euros.

Loin d’être suffisant pour payer un salaire.

Tout l’argent gagné est réinvesti dans la boite.

Mais cela ne semble pas décoller.

La seule chose qui décolle, la formation “Trouve ton job de rêve”

Derrière ce nom glamour, se cache un bilan de compétence en ligne où les gens suivent tout un parcours pour mieux se connaitre puis explorer leur projet professionnel.

Mais au prix de 195 euros par personne, on est loin du compte pour en vivre… à raison d’un groupe de 10 personnes tous les 2 mois.

Et l’horloge continue de tourner pour Gaëlle, septembre 2020 s’approche.

À ce moment-là, je décide d’investir dans une formation marketing pour apprendre à créer un tunnel de vente et accélérer l’acquisition de clients.

Avec cette formation, un des pilier: envoyer un questionnaire aux personnes et leur demander ce qu’elles veulent.

Et là, surprise, après 250 réponses en avril 2020: les gens ne savent pas ce qu’ils veulent faire. C’est le problème numéro 1.

C’est aussi la raison qui explique que ce que l’on vend principalement c’est le bilan de compétence en-ligne.

Le reste est anecdotique.

Alors oui, on commence aussi à vendre à 2 cabinets de recrutement nos formations en ligne pour accompagner leurs candidats… donc de B2C on passe à du B2B, beaucoup plus rentable.

Mais non, Gaëlle décide d’arrêter de commercialiser toutes les autres formations et on se focalise rapidement sur un seul produit: trouve ton job de rêve.

Problème ?

Il faut faire de l’accompagnement plus rapproché des personnes et Gaëlle n’est pas du tout intéressée par le coaching.

C’est à ce moment-là qu’arrive une personne que l’on attendait pas… une personne qui va compléter parfaitement ce dispositif.

Une lumière dans notre histoire.

Colombe Paland

L’arrivée de Colombe Paland

Avec Gaëlle, nous avons l’intuition que nous ne voulons pas de coach classique pour accompagner les personnes en bilan de compétence.

Bon ça veut dire quoi ?

Il ne faut pas une personne qui exerce déjà sur le marché mais quelqu’un qui ne l’a jamais fait.

Cette opportunité se présente quand nous rencontrons une jeune femme nantaise début 2020.

Colombe Paland, suit alors le parcours “Trouve ton job de rêve” en groupe avec une petite dizaine de personnes.

Mais ce qui est le plus étonnant est que Colombe dans les sessions de groupe est la 1ère à proposer son aide aux autres et à organiser des échanges individuels pour se donner des tuyaux.

J’ai alors le sentiment que Colombe peut faire une belle addition à l’équipe car après chaque session collective, elle démontre son envie et elle a une énergie folle.

Surtout, elle sort de plusieurs expériences professionnelles peu gratifiantes après un retour de l’étranger.

En juillet 2020, après plusieurs semaines d’échanges, nous décidons de proposer à Colombe d’intégrer notre petite équipe.

C’est elle qui fera les accompagnements des personnes.

Gaëlle et Colombe s’entendent à merveille et commence une collaboration entre la nantaise et la marseillaise.

Le marketing commence aussi à donner des résultats… dorénavant, l’accompagnement est passé à 475 euros pour 3 appels d’1h avec la formation en plus.

Sur ces 475 euros, nous reversons 300 euros à Colombe en freelance pour démarrer.

L’idée à terme est de la salarier… mais c’est toujours impossible.

Ce 15 juillet 2020, Gaëlle va prendre une décision qui va changer le cours des choses.

Une décision qui permet enfin de passer un cap après 1 an et demi de test et de vaches maigres.

Trouver un modèle et pouvoir en vivre

Mercredi 15 juillet 2020 – 20h38 – Marseille.

Il fait chaud. Très chaud même dans le sud de la France.

Avec Gaëlle, on s’installe confortablement dans les chaises de jardin sur le terrasse.

La conversation tourne autour des préoccupations du moment: comment gagner enfin sa vie.

Et oui, il ne reste plus que 2 mois de chômage pour Gaëlle.

Le temps presse.

Je serai la seul salaire pour notre famille et Gaëlle ne veut pas en entendre parler.

Elle me regarde et dit:

Au final que faut-il pour que notre bilan de compétences soit finançable par le CPF ?

Le CPF, c’est le compte personnel de formation. C’est un budget de formation auquel chaque personne qui travaille a droit en France.

Après quelques recherches sur internet simples, je me tourne vers elle et lui réponds:

“À priori, il faut commencer par obtenir un numéro d’organisme de formation puis une fois obtenu, il faudrait avoir une certification qualité, Qualiopi”

Derrière ce langage incompréhensible, se cache une réalité: ça va prendre du temps et beaucoup de travail pour en arriver là.

Mais c’est bien la seule façon pour enfin vivre du bilan de compétences car aux 500 euros actuels, on pourrait passer à 1500 euros finançés par le CPF… les gens n’auraient pas à payer avec leur argent propre.

Et ça, ça change tout. Car à ce prix là, on peut se payer un salaire… même modeste.

J’ai la chance de travailler pour l’école du recrutement avec un spécialiste en formation, Remi Rousseau que je positionne pour nous aider.

Et donc, pendant nos vacances d’été 2020, c’est la course pour obtenir notre numéro d’organisme de formation puis en septembre Qualiopi.

La course contre la montre démarre.

Mais ce n’est pas suffisant.

Gaëlle reçoit sa dernière cotisation chômage le 27 septembre 2020, 1806 euros en tout et pour tout.

Il faudra désormais se serrer la ceinture et s’accrocher.

De septembre à Décembre 2020, Gaëlle et Colombe bossent d’arrache pied pour se préparer à passer la certification qualité avec l’aide de Rémi.

C’est 2h par semaine et des heures de répétition.

La date de l’audit final est bloquée, ça sera le 16 décembre 2020.

Et c’est donc Anne-Lise Martinent, une auditrice qui débarque le 16 décembre à 9h03 au 41 boulevard Lyon, dans le 12e à Marseille.

Nous sommes tous les 3 stressés car cet audit sanctionne près 4 mois de travail.

Et sans cette certification, le modèle économique de l’Escale ne tiendrait pas.

Bref, c’est à quitte ou double.

L’auditrice s’asseoit dès son arrivée et nous passe au grille.

Commence pour nous, la journée la plus importante de la courte histoire de l’Escale.

Qualiopi, Bagels et magasin de décoration

Il est 11h36, au Boulevard Lyon, Marseille au siège de l’Escale.

L’auditrice nous regarde et lance:

“Il y a un problème ici, vous n’avez pas vérifié ce critère qualité. Il n’y pas non plus de process établi.

Je suis obligé de vous compter un problème mineur”

Avec Colombe et Gaëlle, on se regarde avec angoisse.

Elle rajoute d’un ton rassurant: “non mais c’est un problème mineur, que vous pourrez résoudre par la suite”.

Je prends les notes pendant que Colombe et Gaëlle répondent aux questions inquisitrices de l’auditrice.

Le stress retombe un peu.

Cette journée est harassante pour nous… puis après un passage en règle de tous nos process, elle finit par lâcher:

Tout me parait bon à part ce problème mineur sur la confidentialité des données.

Il est 16h47.

Nous sommes plus très loin de crier de joie.

Après une dernière vérification, nous prenons congé d’Anne-Lise.

Ça y est, c’est fait !!

Entre accolades et cris de joie, nous finissons par ouvrir le champagne 30 mn après.

Mais les problèmes ne font que commencer.

Financièrement l’Escale n’a plus d’argent en cette fin d’année.

Gaëlle non plus.

Et le temps que notre bilan de compétences soit financé et que l’argent rentre fin, il faudra 4 mois !

Soit avril 2021.

Et entre temps, il va falloir trouver des solutions.

C’est d’abord Colombe qui, à court d’argent, dégote un job pour vendre des bagels dans une rue près de chez elle à Nantes.

Puis c’est Gaëlle qui s’arrange avec une amie pour l’aider dans sa boutique de décoration pour un mi-temps.

Les temps sont durs.

Pendant 4 mois, 4 longs mois.

Pourtant, les bilans de compétences se vendent de plus en plus… en moyenne 7 bilans à 1300 euros par mois.

Le bouche à oreille est excellent.

Mais il faut attendre et se serrer la ceinture en espérant que le site CPF paiera bien tous ses bilans.

Epilogue: une Escale en plein décollage

Le 23 avril 2021.

Gaëlle est inquiète.

C’est le jour où elle doit recevoir les premiers paiements pour les bilans de compétence.

Mais toujours rien sur le compte.

Pourtant elle vient de terminer son job dans le magasin de décoration après 3 mois intenses.

Elle sait que ça doit forcément arriver.

Elle actualise la page du compte en banque toutes les heures.

Puis vers 13h, c’est la délivrance.

Elle reçoit les 2 premiers paiements, de 1300 euros.

Gaëlle se tourne vers moi et soulagée, m’annonce la nouvelle.

Je m’occupe alors de faire les 2 premiers salaires pour Colombe et Gaëlle.

Ça y est, l’Escale rémunère ses fondateurs !

En tout cas, Le travail de Colombe avec les accompagnés est très reconnu, elle reçoit de nombreux messages de remerciements… et notre seule croissance vient du bouche à oreille et quelques partages sur LInkedIn.

En moyenne, entre 7 et 8 bilans sont vendus par mois.

Mais il faut encore accélérer et faire du marketing.

Le bilan de compétences est un produit que ne se vend qu’une fois à un client et donc sans récurrence, il faut aller chercher de nouveaux clients en permanence.

Il faut aussi commencer à penser aux recrutements des futurs coachs avec tout un process de recrutement, d’intégration et de formation.

C’est la mission de Gaëlle qui désormais assume son statut de boss de l’Escale.

Même si pour elle, le plus important, c’est aussi la liberté qu’elle a gagnée avec l’Escale.

Liberté qui lui permet de passer du temps avec les enfants.

Colombe quant à elle, continue ses accompagnements et passe aussi du temps à une de ses passions: l’écriture.

Quant à moi, je suis toujours aux côtés de l’Escale pour les aider sur les finances, les conseiller… mais je passe plus en plus de temps sur l’apprenti.

Et ça, c’est une autre histoire.

Merci à tous pour ce dernier hors-série.

À partir de la semaine prochaine, vous retrouverez les histoires de l’apprenti avec un bel épisode sur Time for the planet.

Table des matières

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