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Comment la conférence LeWeb et Les Le Meur ont influencé une génération d’entrepreneurs ?

Je vous emmène sur une histoire qui a façonné le web en France, la conférence Le Web, conférence qui a importé la culture Startup en France.


22 septembre 2006.

Paris.

Un homme de grande taille,  carrure de rugbyman et regard bleu magnétique, pénètre dans un bistro du 8e arrondissement.

Souriant, il salue son interlocuteur en inclinant la tête vers lui, révélant un front volontaire et dégarni :

Bonjour !

Je suis Loic Le Meur, bloggeur et entrepreneur.

Sans attendre, il attaque directement la discussion.

Organisateur de conférences, celles-ci ont de plus en plus de succès.  Loïc voudrait doubler le nombre de participants.

Son objectif ?  Avoir plus de 1500 participants.

Pour l’atteindre, il faudrait y consacrer du temps et ça Loïc n’en a plus. C’est de cela qu’il discute avec son interlocuteur,à  longue chevelure et au  visage carré.

Christophe Dousteyssier, hoche la tête, il  vient de créer son entreprise d’évènementiel et cette mission tombe à pic.

Loic Le Meur termine en tendant un livre à Christophe: “Le blog et podcast pour les pros.”

  • Ah oui, il faudrait que tu lises mon livre pour savoir ce que je fais.

Christophe se demande bien sur quel énergumène il est tombé mais la mission lui plait.

Et puis en vrai, il s’en fout des blogs et des podcasts… d’ailleurs il ne sait même pas ce que c’est.

Aujourd’hui je vous emmène sur une histoire qui a façonné le web en France, la conférence Le Web, conférence qui a importé la culture Startup en France.

Table des matières

Les Le Meur: entreprenariat et un couple très organisé

Les 1ères conférences Le Web et les scandales

LeWeb, une réussite: la silicon valley à Paris

LeWeb Londres, Publicis et vente surprise

Un échec et une séparation

Les Le Meur: entreprenariat et un couple très organisé

Géraldine et Loïc se rencontrent à 16 ans au Lycée à Perpignan.

Loin des idylles adolescentes, le couple se découvre très vite une âme d’entrepreneur.

D’autant plus qu’ils sont complémentaires, tant dans la vie personnelle que professionnelle.

Pour Loïc :

Réseau, idées, commercialisation lui viennent naturellement.

Pour Géraldine :

Gestion, rigueur et marketing de son côté.

À compter du jour où ils se mettent ensemble, Le couple Le Meur décide de mener de front vie de famille et vie professionnelle.

Quand Géraldine rejoint Skema Business School et tombe enceinte, Loïc lui intègre HEC.

Dès 1996, à 24 ans, sur le campus d’HEC, Loic et Géraldine créent la toute 1ère agence Web en France :  B2L.

C’est un carton.

En trois ans l’agence atteint presque 150 personnes, Le couple la revend pour trois millions d’euros 3 ans plus tard.

En parallèle de B2L, ils créent une startup, Rapidsite, qui fait de l’hébergement de sites web avec notamment – 1ère en France.- une offre d’hébergement mutualisé.

Pareil, la boite est revendue en 1999 à France Telecom.

2 entreprises, 2 succès. 2 reventes.

Les Le Meur possèdent un pactole confortable en ce début des années 2000.

Loïc et Géraldine  s’installent en Belgique et continuent sur leur lancée, créations d’entreprises, investissements,  jusqu’au rachat d’une plateforme de Blog en 2003,  Ublog.

Ublog est vendue à peine 1 an après à Six Appart, une startup californienne. Une fois U blog vendu, Loic et Géraldine restent aux manettes et continuent de s’impliquer sur la durée avec un poste de responsable Europe pour lui alors qu’elle, de son côté, prend en charge le marketing.

Loïc se prend au jeu de son propre produit et crée un  blog en 2003. Il y partage ses aventures entrepreneuriales, ses coups de gueule, bref tout ce qu’il vit au quotidien.

Le ton sincère et direct transforme vite ce blog en une référence dans le milieu du web naissant. Tout le monde le  connaît :

loiclemeur.com.

Les choses vont vite pour Loïc. Entre l’explosion de sa notoriété parmi les bloggeurs et son poste de responsable Europe d’une plate-forme de blog, il comprend qu’il y a une carte à jouer.

Il lance l’idée d’une conférence sur les coulisses des blogs.

Il réunit alors en 2004 au Méridien une centaine de blogueurs autour d’un apéro.

Il réitère la performance en 2005 avec la conférence “Les Blogs “organisée au Sénat avec 200 inscrits.

Avec toujours le même concept : pas de pub. Il poste  l’évènement sur son blog et la communauté des blogueurs se passe le mot.

Toujours en 2005, le 5 et 6 décembre, il lance une 2e version de la conférence Les Blogs, cette fois, c’est payant, 200 euros la place pour 2 jours.

Plus de 400 personnes s’inscrivent.

Il est vrai que Géraldine et lui ont rodés leur concept : ils font venir des américains de la Silicon Valley et des pontes du web naissant.

Loïc possède un vrai talent pour  faire venir des personnes reconnues à ses évènements.

Et plus il y a d’inscrits, plus il y a  de sponsors… Microsoft, Nokia… Les grands de l’informatique et de la téléphonie ont identifié l’événement.

Un événement qui se déroule, qui plus est,entièrement  en anglais.

Le succès fait comprendre au jeune couple que ces évènements prennent l’allure d’un véritable business.

Avec Géraldine, ils décident de passer à la vitesse supérieure en créant une marque.

2006 sera l’année du tournant.

Ils contactent Christophe Dousteyssier.

Les 1ères conférences Le Web et les scandales

22 septembre 2006, c’est donc un Christophe Dousteyssier amusé et intéressé qui fait face  à Loïc Le Meur.

800 personnes dans Paris pour parler de blogs et d’internet ?

Ok, je vais te trouver une salle.

En se professionnalisant, LoÏc et Géraldine changent le nom.

La conférence Les blogs disparaît donc au profit de Le Web 3

Pour cette première édition, Les Le Meur sont très ambitieux :

1000 participants, 36 pays, pour un budget de 400 000 euros.

Pour remplir la salle, ils reprennent le concept initial : s’appuyer sur la notoriété de Loïc et son réseau pour faire venir participants et intervenants.

Le bouche à oreille fait le reste.

Le Web 3 a donc lieu le lundi 11 et mardi 12 décembre 2006 dans la salle de conférence Equinoxe, près de l’Aquaboulevard,  à Paris.

Loic et Géraldine voient grand, ils ambitionnent de lancer le  “Davos du web” ; et c’est vrai que la conférence regroupe 37 pays et 1000 participants.

La qualité des intervenants s’affirme à la hauteur des ambitions de l’événement. On y retrouve le fondateur de Skype, Niklas Zennstrom ou celui de LinkedIn, Reid Hoffman.

Comme le raconte un des participants français: On se croit à San Francisco.

Tous les sujets tendance du moment sont couverts (la fin de la TV, l’ecommerce…). Le Web 3 propose aussi pour la 1ère fois une série de pitchs de  50 startups.

Face au succès,  le prix passe de 200 euros à 300-500 euros sur 2 jours.

Mais cette 1ère version professionnelle fait surtout parler d’elle pour un scandale : l’intervention d’hommes politiques.

Le dernier jour, 3 hommes politiques s’annoncent au dernier moment. Les Le Meur chamboulent toute l’organisation de la conf… décalant des interventions et annulant des speech…

À ce moment-là,  Loïc nourrit des ambitions politiques et il est vu comme le Mr Numérique du candidat Sarkozy.

Mais les discours des politiques, notamment ceux de François Bayrou et Nicolas Sarkozy , passent très mal.

Celui de Sarkozy, sans intérêt, est même sifflé par la salle (et certains vont même plus loin comme le montre cette photo)

Les anglo-saxons sont furax pour la plupart. Payer 300-600 euros pour écouter des hommes politiques, parler en français qui plus est…

Les critiques fusent de toute part… et un journaliste américain de Tech Crunch écrit un article au vitriol, Loic réagit en le traitant de Asshole (trou du cul) en commentaires… l’affaire se termine mal pour le journaliste qui se fait virer par son boss.

La conférence fait la une même des journaux,  même si la “Business crédibilité” des Le Meur et en particulier celle de Loïc est entamée.

Pourtant cette conférence de 2006 dessine ce qui va devenir l’objectif des Le Meur: amener la Silicon Valley en France et faire de Le Web, la 1ère conférence de ce genre au monde !

LeWeb, une réussite: la silicon valley à Paris

En 2008, Le Web 3 devient tout simplement Leweb.

L’objectif reste le même : faire venir la Silicon Valley à Paris.

Une promesse tenue chaque année.

On y voit défiler les plus grands noms : Eric Schmidt, le PDG de Google, Kevin Systrom celui d’Instagram, Chad Hurley, le fondateur de Youtube et tous les investisseurs de la Valley.

Certains dirigeants américains du web notent même l’événement sur leur agenda. Une date bien pensée… pour leur permettre de faire leur shopping de Noël à Paris.

Il y a aussi d’illustres entrepreneurs européens comme Daniel Ek de Spotify, Andrey Andreev de Badoo…

Bref, toute la planète du Web vient à Leweb.

C’est d’autant plus simple pour Les Le Meur qu’en 2007, ils se sont installés dans la Silicon Valley. Le talent de réseauteur de Loïc faisant le reste.

De 200 participants en 2004, la conférence Le Web atteint 3500 personnes en 2011, l’année de son pic.

Et son prix fait aussi un bond: de 100-200 euros, le ticket sur 2 jours atteint la somme folle de 2 400 euros… hors promotion.

En gros, vous êtes le dernier des dindons si vous payez ce tarif. En moyenne, les participants paient 1500 euros.

Mais la qualité est là.

À l’image de la France, la restauration est aussi exceptionnelle et d’ailleurs les américains ne s’y trompent pas et la plébiscitent régulièrement.

En moyenne, 60% des participants sont des étrangers à LeWeb avec une forte représentation américaine, avec les années les anglais se joignent aussi à la partie.

Le Web n’est plus seulement une conférence mais bien un salon avec des stands, des espaces dédiés, des démos de startups, des concours, des formats de conférences variés et même des spectacles avec magiciens et chanteurs.

L’événement est retransmis en direct avec des moyens de production dignes d’émissions TV.

En 2010, plus de 200 000 internautes regardent Le Web en live.

L’événement cumule les vues sur YouTube et les mentions sur Twitter, le réseau social tendance du moment.

De véritables légendes se forment aussi pendant Le Web.

Travis Kalanick aurait eu l’idée d’Uber alors qu’il galérait avec ses copains pour trouver un taxi parisien,  un soir de tempête de neige.

Pourtant tout n’est pas rose pour autant.

En 2008, installé dans un nouveau lieu, le 104, dans le 18e arrondissement de Paris, il y a une panne de chauffage et  plus grave pour tous ces acteurs du web : le WIFI tombe;..

En 2009, Paris recouvert de neige rend de nombreux moyens de transports impraticables… les organisateurs aident les speakers américains à… prendre le métro pour revenir à leur hôtel.

Ces incidents n’empêchent pas Le WEB de rentrer de l’argent.

Au prix de 500 euros (pour les startups) jusqu’à 2400 euros, les places sont chères pour Le Web… vous rajoutez les participations de grands sponsors avec des tickets d’entrée à  10 000 euros et vous avez une conférence qui dégage un chiffre d’affaires en 2012 entre 4 et 5 millions d’euros.

Tout cela pour une conférence avec  bénéfice qui représente  20% de son CA soit 800 000 euros net.

Cet argent et cette visibilité attirent de plus en plus de convoitises… un homme rôde dans l’obscurité et rêve de Le Web, Maurice Lévy.

LeWeb Londres, Publicis et vente surprise

Fin 2010, la conférence Le Web est presque à son apogée.

Publicis, l’agence de communication et Maurice Levy, son PDG, rêvent depuis des années d’une conférence internationale sur le Web et la pépite Le Web les tentent bien.

Publicis organise d’ailleurs sous la présidence de Sarkozy, le eG8 en mai 2011, l’équivalent du G8 mais en version Web avec des invités de marque comme Mark Zuckerberg.

Fin 2010, Publicis fait part de son intention de rachat et des discussions commencent avec le couple Le Meur.

Loïc et Géraldine ne sont pas contre une cession car après quasiment une dizaine d’années, ils se posent la question de la suite… Pour eux, c’est clairement le bon moment pour vendre.

Malheureusement, les discussions achoppent sur le prix. Trop cher pour Maurice Levy, pas assez pour le couple. Après de longs mois de tractations, les négociations tombent au point mort.

L’échec de cette négociation laisse une impression d’amertume et de rancœur à Maurice Levy. Il a tellement envie de créer cet événement.

Il le fera 5 ans plus tard.

En attendant, pour surfer sur une édition 2011 de tous les records, Les Le Meur lancent un 2e événement à Londres…

Ils poursuivent un  rêve : créer un “Le Web” aux Etats-Unis et dans le monde entier sous format de franchises.

Londres constitue leur 1er essai hors de France.

En juin 2012, c’est donc au Central Hall Westminter que se retrouvent plus de 1000 personnes… C’est moins que les 3000 personnes de l’édition parisienne mais le  budget  de 1,25 millions d’euros reste à l’équilibre.

L’événement obtient un succès d’estime

Puis en décembre 2012 – coup de théâtre – à la fin de l’événement, Les Le Meur annoncent qu’ils cèdent Le Web à Reed Midem, la société d’évènementiel britannique.

Le britannique, après l’échec des négociations avec Publicis, se tenait embusqué… après 1 an et demi de discussions, le deal est signé.

Loic et Géraldine conservent une part minoritaire 20% et vendent pour 15 millions d’euros la conférence Le Web. Ils reçoivent immédiatement 9,6 millions d’euros.

Ils restent les pilotes de l’événement, le contrat prévoit d’ailleurs,  un complément de prix – de 2,4 millions d’euros lors de la vente – en fonction des résultats à venir.

Pourtant le mariage ne se passe pas comme prévu… Autant pour Reed Midem que pour les Le Meur.

Tout va s’enchaîner, plutôt pour le pire que pour le meilleur.

Un échec et une séparation

En 2013, Les Le Meur annoncent officiellement leur séparation.

Ensemble depuis leur 16 ans et après 3 enfants, ils ne sont plus ensemble  dans les faits depuis fin 2012. Ils ont néanmoins sauvé les apparences en bon business people qu’ils sont.

Les Le Meur restent donc les animateurs de Le Web après le rachat,  mais la séparation change les choses car clairement bosser ensemble devient une contrainte sur la durée.

En face, Reed Midem attend des résultats et de la performance.

Mais les résultats s’avèrent décevants voire  catastrophiques.

Là où Le Web fait 4,9 millions d’euros en 2012, ils réalisent seulement 2,5 millions d’euros en 2013.

Le tendance à la baisse se confirme en  2014, puisque le chiffre d’affaires tombe à  1,9 millions d’euros

La chute est abyssale.

D’autant plus,  que Les Le Meur ont bien habillé la mariée en 2012 en optimisant les coûts et leur réseau de sponsors.

La situation personnelle du couple qui ne l’est plus, fragilise sans doute encore les choses. Loïc et Géraldine  n’ont plus ni envie ni motivation.  Ils n’ont pas le cœur à aller chercher les boîtes du CAC 40 comme le fera 3 ans plus tard Viva Tech.

Il faut bien pourtant aller chercher l’argent là où il est… sûrement pas du côté des startups.

La culture de Reed Midem, boite internationale boostée aux KPIs ne colle pas avec la culture startup des Le Meur.

Le choc entre les 2 est violent.

Devant ces résultats, c’est la débandade, les différentes personnes du projet Le Web, sont licenciées ou recasées au sein du groupe Reed Midem.

Le groupe lui-même  décide d’arrêter les frais de ce qu’il considère comme un échec retentissant.

Le 8 avril 2015, Les Le Meur rachètent Le Web pour une bouchée de pain.

Un rachat sans suite. Malgré l’annonce d’une édition en 2015, l’aventure se clôt d’un simple tweet.

« LeWeb va faire une pause en 2015. Merci à tous de votre soutien pour les onze dernières années, restez à l’écoute pour d’autres aventures, encore et toujours. »

Ce sera plus qu’une pause.

Ce sera un arrêt définitif.

D’autres conférences tech ont pris le relais notamment à internationale : Tech Crunch London, Web Summit à Dublin…

En France, Maurice Levy tient sa revanche. Il lance, en 2016, avec Publicis  Viva Tech qui devient une conférence géante comparable à Le Web s’appuyant sur le CAC 40 et les grosses boites pour se financer.

De leur côté , Loïc et Géraldine séparés et enrichis tournent la page de 15 ans d’aventure entrepreneuriale commune.

En 2017, Loic Le Meur lance  Leade.rs, une place de marché de conférenciers doublée d’une série de conférences.  Sans succès.

En 2019, il entame une quête spirituelle avec des retraites en Amazonie, il reste malgré tout un observateur avisé de la Silicon Valley.

Géraldine Le Meur, quant à elle, lance un fond d’investissement et un accélérateur pour les startups françaises qui veulent s’installer aux US, The Refiners. En 2020, elle rejoint à New York, le fonds de French Founders, une association d’entrepreneurs français.

Du couple, il ne reste rien, sinon la trace qu’ils ont laissée dans le coeur de toute une génération d’entrepreneurs français qui ont vécu la Silicon Valley à Paris.

Et si d’autres événements ont pris le relais comme Viva tech, le glamour n’est plus là.

Et ça, c’est une autre histoire.

Notes

Merci aux personnes qui ont accepté des entretiens, des anciens du Web et de Reed Midem.

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