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Amazon – Comment Jeff Bezos a tué un journal avec des photos intimes ?

Je vous emmène dans cette incroyable histoire qui mêle espionnage, scandales, sexe, divorce et surtout Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde et le fondateur d’Amazon.


7 février 2019. 9h57

Seattle. Siège d’Amazon. 6e étage de la tour Day 1

Jeff Bezos  sort tout juste de réunion avec son avocat et son enquêteur privé.

Pris d’une rage froide, il s’est enfermé dans son bureau. Seul dans le silence transparaît le cliquetis frénétique de ses doigts sur le clavier.  Il rédige un long mail à l’attention de Jay Carney, son directeur des relations corporate.

Celui-ci, lorsqu’il le reçoit – hoquette de surprise – puis le lit à voix haute devant ses collègues. Comme s’il voulait s’assurer de la véracité de ce qu’il lit.

Le mail de plus de 1000 mots est finalement publié sur le site de publication Medium.

Plus qu’un mail de Bezos, c’est un article, une attaque.

Une magistrale leçon de stratégie où Bezos charge avec une violence inédite un  journal : le National Enquirer.

La popularité de Jeff Bezos étant ce qu’elle est,  dès le lendemain toute la presse américaine titre :

Un tabloïd tente de faire chanter le patron d’Amazon avec des photos intimes

Je vous emmène aujourd’hui dans cette incroyable histoire qui mêle espionnage, scandales, sexe, divorce et surtout Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde et le fondateur d’Amazon.

Table des matières

Le début de la relation adultère

La course aux révélations

Les soupçons de Bezos

Le coup de maitre de Bezos

Le National Enquirer, un navire en perdition

Notes

Le début de la relation adultère

Depuis toujours Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon a fait de sa vie de famille une des valeurs fortes de son storytelling personnel.

Marié et père de 4 enfants, il vit à Seattle avec toute sa famille dans son immense propriété de Medina.

Sa femme, MacKenzie Bezos, romancière est diplômée d’anglais à la prestigieuse université de Princeton.

Si la rencontre entre le premier libraire mondial et une romancière reconnue paraît logique, le couple semble avoir pris des chemins différents avec le temps.

Lui, s’affiche dans les soirées hollywoodiennes entre  stars & cocktails. Elle souffre de plus en plus de l’hyper notoriété de son mari et de l’attention qu’on lui porte par rebond. Chaque soirée, imposée par les obligations de son mari se révèle une épreuve. Un calvaire qu’elle vit de plus en plus mal.

Mais  Amazon vient d’ouvrir une antenne à Hollywood et commence à produire des films, Jeff assiste aux Golden Globes et aux Oscars, se montre aux premières. Il organise même des rassemblements annuels dans sa  propriété somptueuse à Beverly Hills, au-dessus du Sunset Strip

En décembre 2016, les studios d’Amazon remportent leur 1er Oscar. À cette occasion, Jeff fait la rencontre de Lauren Sanchez, une  actrice de série B et femme d’un ponte du cinéma hollywoodien.

Il ne faut pas plus d’un an pour que cette rencontre se transforme en relation extra conjugale.

Lauren Sanchez se révèle à l’exacte opposée de sa femme.

Là où McKenzie est introvertie et effacée, Sanchez est exubérante et sociable.

Lauren Sanchez présente très vite son nouveau petit ami à son frère, Michael Sanchez, un agent de célébrité à Hollywood.  Frère dont elle est particulièrement proche.

Lors du dîner,  Michael s’inquiète de la façon dont Jeff et Lauen se comportent. Mariés, chacun de leur côté, ils affichent pourtant une étonnante proximité.

Alerté par leurs comportements et naturellement soupçonneux, il épie la salle. Michael cherche un éventuel paparazzi. Habitué des commérages du tout Hollywood, il flaire le scandale.

Jeff et Lauren, eux sont déjà loin de tout ca. Ils s’échangent sans pudeur depuis des semaines sextos et autres photos hard.

Quand Jeff envoie une photo de son sexe en érection à Lauren,  elle lui répond par un selfie ou bouche ouverte, elle semble avaler une cigarette..

Lauren, se confie régulièrement à Michaël et lui partage absolument tout … et notamment ses SMS avec Jeff.

Inquiet, Michael appelle sa soeur à la prudence :

si ces textos tombent entre de mauvaises mains, cela pourrait s’avérer  catastrophique.

Sauf que les textos,  sont déjà tombés entre de mauvaises mains.

Celle de … Michael Sanchez.

Le traitre Michael Sanchez

L’Enquirer, tabloïd à ragots, publie les histoires les plus scandaleuses des artistes ou des hommes politiques depuis des années.

À l’été 2018,  alors que la romance entre Bezos et Sanchez s’intensifie, L’Enquirer est un journal aux abois.

Les ventes sont en baisse et le journal est sous surveillance des procureurs de l’Etat de New York.  Les pratiques du journal en termes d’enquête journalistiques laissent en effet à désirer.

En  2016, en pleine campagne de Donald Trump, l’Enquirer a sciemment caché les  infidélités du futur président.

En effet, Le journal s’avère coutumier de pratiques sordides comme le catch and Kill.

Autrement dit, le fait  d’acheter  les droits d’une histoire et … de ne pas  la publier…

Comme c’est le cas ici,  pour un mannequin qui aurait couché avec Trump.

Mais alors pourquoi ne pas publier un tel scoop alors que les ventes sont en baisse ?

Sans doute parce que la société mère de l’Enquirer, l’American Media Inc, AMI, est dirigée par un ami de Trump, David Peck.

Les deux hommes  se connaissent depuis les années 90 et  Peck a toujours protégé Trump des ragots…

A ce moment-là,  un journal reconnu couvre en détails ce scandale du Catch and Kill :  le Washington Post. Journal  qui n’a pour autre propriétaire que … Jeff Bezos, le patron d’Amazon.

Peck demande alors à Dylan Howard,  redac chef de l’Enquirer, de se pencher sur la vie privée du fondateur d’Amazon.

Il lui cherche des poux d’abord avec l’histoire de son père biologique, Ted Jorgensen qu’il n’a pas revu alors qu’il était mourant.

Mais rien de ce côté. Rien d’excitant.

C’est un tuyau venu de l’extérieur qui va tout débloquer.

Andrea Simpson, journaliste de l’AMI reçoit un message de Michael Sanchez

Les deux amis échangent régulièrement  infos et potins sur les stars d’Hollywood.

Cette fois ci, le mail est bien  différent.

J’ai un ami, écrit-il, qui a un tuyau sur un type du genre Bill Gates marié et qui a une relation adultère avec une actrice de série B. Il possède des photos compromettantes du couple et veut un paiement pour le scoop d’au moins 100 000 dollars.

Evidemment l’ami n’existe pas et il s’agit bien de Michael Sanchez, le propre frère de Lauren.

Dans un 1er temps, Andrea et son chef à New York, Howard, n’ont aucune idée de l’identité de ce milliardaire… ils spéculent Mark Zuckerberg de facebook ? Evan Spiegel, le fondateur de Snapchat ? Rien n’est sûr

Début octobre, Michael veut faire monter les enchères. Il  sous-entend que son ami pourrait  publier son histoire dans un tabloid anglais.

Michael  revoit Andrea et lui montre SMS et images compromettantes… Sans qu’on puisse identifier qui que ce soit.. Andrea, soupçonneuse , commence pourtant à deviner qui se cache derrière ce mystérieux milliardaire ? Bezos peut être ?

Finalement le 18 octobre, Michael appelle Howard du National Enquirer et lui révèle qu’il s’agit bien de Bezos et qu’il est lui-même la source des textos.

Il n’en faut pas plus pour que  les journalistes de l’Enquirer découvrent que l’actrice de Série B n’est autre que Lauren Sanchez, la sœur de Michael.

Sanchez et AMI signent alors un contrat de rémunération de 200 000 dollars, soit le montant le plus élevé que l’Enquirer a jamais dépensé pour un article.

Le contrat stipule notamment que le journal fera ce qui est en son pouvoir pour préserver l’anonymat de Michael Sanchez. À aucun moment il ne devra ni ne pourra être identifié comme source du scoop.

L’accord conclu, Il leur montre une clé USB, pleine d’une collection de textos de Bezos adressés à sa sœur, ainsi qu’une poignée de photos personnelles que le couple a échangées… et il leur laisse même entendre qu’il aurait une photo plus explicite du milliardaire.

Dans les bureaux de l’AMI, l’excitation est à son comble !!! C’est un scoop énorme… une photo de la virilité de Bezos et des révélations exclusives.

Une  excitation teintée de stress, la société est endettée et des poursuites judiciaires pourraient lui coûter cher,  très  cher.

Durant l’automne 2018, Michael Sanchez, véritable juda,  continue de  nourrir les journalistes de l’Enquirer…

Lors d’un dîner en Californie au Felix Trattoria à Venice, il accompagne Lauren et Jeff pendant que des journalistes prennent des photos à la table d’à côté.

Mais il ne donne pas encore la photo du sexe en érection de Bezos aux journalistes.

Il hésite, il lui reste encore quelques scrupules.

Le 7 janvier 2019, la machine se met en place.

Les journalistes envoient leur premier mail à Bezos et Sanchez.

La guerre commence.

La course aux révélations

6 janvier 2019.

Le calme avant la tempête pour Bezos et Sanchez.

Ce soir là, Tout le gratin d’Hollywood est réuni à l’hôtel Beverly Hilton pour la soirée des Golden Globes. Et Amazon est à la fête avec deux récompenses, dont celle décernée à la série «The Marvelous Mrs. Maisel».

Alors, quand son actrice vedette, Rachel Brosnahan, adresse ses remerciements à «toute l’équipe d’Amazon», la caméra pivote spontanément vers un patron radieux.

Un milliardaire en majesté, désormais membre à part entière de la famille hollywoodienne.

Un photographe immortalise ce soir-là, vêtu d’un smoking et d’un nœud papillon, un verre à la main, avec à ses côtés, en partie masquée, la présentatrice de télévision .. Lauren Sanchez. Ce cliché d’une apparente banalité va bientôt  prendre un tout autre sens.

Le lendemain, les journalistes du National Enquirer saisissent la balle au bond et  envoient un court et agressif  message à Bezos et Sanchez.

“Nous écrivons pour demander une interview avec vous au sujet de votre histoire d’amour.”

Le couple se retrouve acculé du jour au lendemain

Lauren n’ a d’ autre choix que de se tourner vers son confident,  celui qui connaît le mieux les méandres de l’industrie des tabloïds : son frère.

Michael Sanchez propose alors d’exploiter ses relations avec les rédacteurs de l’Enquirer pour découvrir ce qu’ils ont. L’homme vient d’enterrer ses derniers scrupules.

Après avoir signé un contrat de 25 000 dollars par mois avec sa sœur, il appelle Howard et lui annonce qu’il agit en représentant de Lauren.  Il  lui propose de venir à New York pour revoir les reportages du journal (qu’il a, bien sûr, fournis).

Confiant dans la promesse de confidentialité de l’AMI, Michael joue maintenant sur les deux tableaux.

Bezos de son côté ne perd pas de temps. Il met aussitôt sur le coup son consultant en sécurité, Gavin de Becker, et son avocat Marty Singer.

Dès le 9 janvier, il demande au service des relations publiques d’Amazon de diffuser la nouvelle de sa rupture conjugale sur son compte Twitter officiel.

“Nous voulons informer les gens d’une évolution dans notre vie”

Après une longue période d’exploration amoureuse et de séparation et d’essai, nous avons décidé de divorcer et de poursuivre nos vies communes en tant qu’amis.”

Devant la menace de l’Enquirer, Bezos a dû accélérer l’annonce de son divorce avec Mckenzie. Une séparation consommée dans les faits depuis des années.

Pris de court par cette déclaration, l’Enquirer change son fusil d’épaule.

Le journal publie normalement le lundi, mais devant l’urgence de la situation, un tirage spécial de 11 pages est mis en ligne en plein milieu de semaine. Le soir du 9 janvier, un premier article paraît en rebond de l’annonce du divorce du  patron d’Amazon.

L’Enquirer titre .“L’histoire inédite du graveleux fondateur d’Amazon”

“Le divorce de Bezos, toutes les photos de la tromperie qui ont mis fin à leur mariage.”

Le magazine people se vante de l’ampleur de son enquête. Les reporters ont suivi le couple à travers cinq États, les espionnant à bord de jets privés et lors d’escapades romantiques, de dîners intimes dans des nids d’amour secrets.

Mais très vite, le simple scandale show business va se muer en guerre politique.

Et celui qui allume la mèche n’est autre que Donald Trump.

Dès publication des titres sur Bezos par l’Enquirer,  Trump tweete en effet,

“Je suis désolé d’entendre la nouvelle que Jeff Bozo (le surnom donné par Trump à Bezos) a été démoli par un concurrent dont les reportages, si j’ai bien compris, sont bien plus précis que ceux de son journal de lobbyiste, le Amazon Washington Post.”

Les jours suivants, l’Enquirer enchaîne les publications d’articles toujours plus précis et détaillés sur Bezos et Sanchez et leurs échanges de textos privés.

La tension  monte. Michael négocie un cessez-le-feu temporaire.

L’ AMI cesse de publier des articles en échange d’un accès exclusif des paparazzi à Lauren.

Mais Bezos reste frustré.

Il se demande comment se sortir de ce piège.

Les soupçons de Bezos

Bezos, échauffé par le tweet de IlTrump, se demande si l’histoire de l’Enquirer n’est tout simplement pas une vengeance politique.

Il repense aux articles de son journal le Washington Post, dénonçant les pratiques douteuses du tabloïd.

Bezos donne à de Becker “tout le budget dont il a besoin pour poursuivre les faits” ;  à savoir :  identifier la source qui a fourni ses textos au journal.

C’est la chasse.

Le fondateur d’Amazon ne manque pas d’ennemis.

Donald Trump, qui méprise le Washington Post par exemple, ou encore Mohammed bin Salman, le prince héritier d’Arabie saoudite.

Mohammed bin Salman est notamment excédé par la couverture qu’a donné le Whastington Post du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.  Journaliste travaillant pour le Post et clairement identifié comme dissident saoudien. Le prince héritier est même soupçonné un temps  d’avoir installé un logiciel espion sur le smartphone de Bezos.

De Becker, le privé de Bezos n’est pas convaincu par ce qu’il considère être de l’ordre de la théorie du complot.

Quelque chose cloche, et ce quelque chose est à chercher du côté de la famille de Lauren selon lui ..

Il n’est pas rassuré par les explications brouillonnes  de Michael Sanchez et commence à le soupçonner d’être derrière les fuites.

De Becker lance alors  sa contre-attaque.

Dans  un article du Daily Beast, il révèle que Michael serait la source des fuites. Il va même plus loin et affirme que l’enquête de l’Enquirer a des motifs politiques… Trump détestant le  Washington post.

Trump leur tape régulièrement dessus.

Il n’a aucune preuve de ses insinuations mais il veut forcer la main à l’Enquirer pour l’obliger  à révéler ses sources.

La stratégie du privé de Bezos fonctionne à merveille.

Pecker et le fonds d’investissement propriétaire d’AMI demandent au rédacteur en chef du national Enquirer de négocier. Il faut de tout urgence trouver un accord avec  le camp de Bezos.

En effet, le journal est sous surveillance judiciaire dans le cadre de l’affaire du “Catch and Kill”. Un scandale pourrait avoir des conséquences désastreuses pour l’Enquirer qui rappelons le est au bord du gouffre économique.

Le piège se referme sur l’AMI.

Le coup de maitre de Bezos

Les discussions entre l’AMI et le camp Bezos progressent bien.

Singer, l’avocat de Bezos, demande à voir les photos que l’Enquirer possède.

Howard, le rédacteur en chef,  lui répond clairement :

“Le Washington Post doit arrêter d’écrire que l’enquête de l’Enquirer a des motifs politiques et nous possédons d’ailleurs 9 photos personnelles de Bezos dont une particulièrement compromettante”.

Howard évoque le selfie sous la ceinture de Bezos et le chantage du mail est à peine masqué.

L’équipe de Bezos loin de se laisser impressionner continue ses attaques.

Dans un article du Washington Post publié le soir même, de Becker identifie à nouveau Michael Sanchez comme un coupable possible.  Il enfonce le clou et dénonce  la fuite comme  “politiquement motivée.”

C’est d’autant plus crédible que Michael Sanchez est un soutien avéré de Trump.

Après la publication de l’article, Pecker, le  patron d’AMI appelle Howard pour lui dire que  le gestionnaire de fonds propriétaire, est “fou de rage”.

Il faut arrêter cette folie.

Howard et de Becker commencent alors à négocier en direct au téléphone… méfiants, ils enregistrent tous les 2 leurs conversations.

Dans les transcriptions des appels, Howard évite de proférer des menaces explicites, mais continue de réserver les droits du journal à publier les documents.

Les négociations avancent à nouveau entre le privé de Bezos et le rédacteur en chef

Le 6 février, soit un  mois tout juste après le début du scandale, l’avocat de l’AMI envoie une proposition d’accord à l’équipe de Bezos.

L’AMI accepte de ne pas publier ou partager les photos ou textes si Bezos et ses représentants se joignent à l’entreprise pour rejeter publiquement l’idée que les reportages de l’Enquirer sont motivés par des raisons politiques.

Pour Bezos la proposition de l’AMI n’est rien d’autre qu’une tentative d’extorsion flagrante.

Il se couche ce soir-là avec une idée en tête.

Il ne va pas se laisser faire.

Le lendemain matin, le 7 février, dans les bureaux d’Amazon à Seattle, il rédige son mail de 1000 mots.

Il l’envoie au responsable des relations corporate qui le publie dans la foulée sur internet.

Bezos y révèle tout.

Les mails échangés entre AMI et le clan Bezos, les photos de ses escapades avec Lauren Sanchez.

Mais, aussi embarrassant que cela puisse être d’exposer ainsi son intimité, Bezos a compris que les faits sont surtout accablants pour l’AMI.

“Il m’est arrivé quelque chose d’inhabituel hier”, écrit-il “On m’a fait une offre que je ne pouvais pas refuser. Ou du moins, c’est ce que pensaient les dirigeants du National Enquirer. Je suis content qu’ils aient pensé ça, parce que ça les a enhardis à tout mettre par écrit.”

Il oublie de mentionner qu’ils ne l’ont fait qu’après avoir été pressés par son propre avocat.

Bezos, a manipulé ses adversaires pour qu’ils laissent une trace écrite compromettante.

Il dénonce le chantage à peine masqué du National Enquirer et rend explicite ce que de Becker suggère dans les articles publiés: l’AMI l’attaque au nom de Trump et du gouvernement saoudien.

Il explique notamment qu’être propriétaire du Washington Post l’expose beaucoup.

Le coup est réussi !

Tous les médias du monde entier prennent fait et cause pour Bezos.

Le scandale conjugal passe aux oubliettes, au profit du scandale politique.

La presse encense le fondateur d’amazon.

Carl Bernstein, qui a couvert la saga du Watergate,déclare à CNN que Bezos “dans ce cas, a agi héroïquement, en établissant que ni lui ni le Post ne seront intimidés”.

Nicholas Thompson, rédacteur en chef de Wired, tweet : “Incroyable que le National Enquirer ait été si répugnant que tout l’Internet se range derrière un milliardaire qui s’est fait pincer pour une liaison.”

Et si Bezos sort vainqueur, Le coup est mortel pour le National Enquirer et l’AMI.

Le National Enquirer, un navire en perdition

Bezos touche  les deux points faibles du National Enquirer :

  • leur fidélité à Trump et leur soutien affiché à l’arabie saoudite.

Le National Enquirer a notamment publié un article dythirambique sur l’arabie saoudite en 2017 qualifiant le pays de nouveau royaume.

À L’antipode,  le Washington Post a vu ses relations se tendre avec l’Arabie saoudite après l’assassinat de Jamal Khashoggi, son journaliste.

Bezos en visant Trump et les saoudiens  tape donc juste avec ses insinuations même s’il n’a aucune preuve.

Surtout il se présente comme défenseur des libertés et notamment celle  de la presse . En face,  l’AMI apparaît comme une société  foulant des deux pieds la déontologie journalistique.

Le coup fait mouche.

L’AMI nie les allégations mais aux abois finit par révéler que sa source est Michael Sanchez.

Les masques tombent pour Michael. Il a beau poursuivre pour diffamation l’AMI ainsi que Bezos, c’est peine perdu.  Les faits parlent contre lui. Il perd tous ses procès et doit même rembourser les frais d’avocats à Bezos !

Howard, le rédacteur en chef du National Enquirer, est licencié. Pour l’AMI la descente aux enfers s’accélère avec la COVID. En août 2020, Pecker est démis de ses fonctions et l’AMI est rachetée.

Aujourd’hui, Jeff et Lauren continuent leur vie de couple. Ils apparaissent régulièrement en public,  de Wimbledon aux soirées de milliardaire.

McKenzie Scott s’est remariée avec un professeur de science  et vit des jours heureux très loin de son ancienne vie.

Amazon, l’entreprise qui les a tous rendus riches, est désormais dirigée par d’autres.

Mais ça, c’est une autre histoire.

Notes

No thank you, Mr. Pecker

Le ” National Enquirer ” est en vente

Jeff Bezos vs National Enquirer: l’histoire révélée

Bezos contre Trump, l’incroyable polar qui menace le patron d’Amazon

Who is David Pecker? The Jeff Bezos hacking scandal raises questions about whether the media executive received dirt from the Saudis.

Jeff Bezos Goes Hard Against National Enquirer

Trump, ‘blackmail’ and a Pecker: Bezos delivers scandal with something for everyone

Whatever Happened to the National Enquirer?

Table des matières

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